Les produits Internet par satellite constituent une réponse adaptée aux zones rurales non couvertes par l’adsl, permettant aux habitants de ces régions d’accéder à des services Internet haut débit. Pour cela il suffit de souscrire un abonnement auprès d’un opérateur, de disposer d’une parabole, de l’installer dans les règles de l’art (installation par un professionnel compétent indispensable) et de s’assurer qu’elle dispose d’un pointage optimal en direction d’un satellite télécom, sans obstruction "visuelle" (branches d’arbres, nouveaux bâtiments...).
Dans ces conditions, cette solution apporte une satisfaction totale aux usagers de ces solutions satellitaires, sous réserve qu’ils respectent les conditions contractuelles de transfert (volumes de transfert de données mensuellement autorisés fonction du type de contrat souscrit). A la différence de produits utilisant l’adsl, toutes ces offres ont la particularité d’être conditionnées par des volumes maximum de transfert de données par période. En cas de dépassement, le service peut être coupé ou les débits peuvent fortement baisser.
Pour préciser ces contraintes, examinons les deux solutions principales commercialisées en France :
les produits utilisant les satellites ASTRA, essentiellement proposés par la société Nordnet (filiale de France Telecom)... Ces solutions apportent un débit de 512 kb/s à 2Mb/s pour un prix compris entre 29,90 € et 69,90 €. Lorsque les transferts de données mensuelles sont contractuels (offres indiquant un volume de transfert mensuel compris entre 2 Go et 6 Go par mois) tant que le volume de transfert mensuel n’est pas atteint l’utilisateur peut bénéficier des débits maximum contractuels, mais le service n’est plus rendu dès lors que ces volumes de transfert sont dépassés (coupure de service, même si on est en milieu de mois), tant qu’un complément de transfert de volume n’est pas souscrit (moyennant un surcoût par rapport à l’abonnement mensuel initial) ou tant que le mois n’est pas écoulé. D’autres produits proposent un système régulé pour lequel les débits maximum sont fonction des volumes échangés dans le mois (baisse par pallier des débits en fonction des volumes échangés). On notera que certaines de ces solutions ne peuvent être classées dans les solutions haut débit compte tenu du fait qu’avec une faible consommation le débit maximum est rapidement inférieur à 512 kb/s.
les produits utilisant les satellites EUTELSAT, diffusés par Connexion Verte (groupe 720°), Sat2Way, Numéo... Ces solutions apportent un débit de 1,4 à 3,6 Mb/s au maximum, tant que le volume de transfert de données par période n’est pas atteint (volume maximum de 1,2 Go jusqu’à 22 Go, régulé par heure, 4 heures, jour, semaine et 4 semaines), si celui-ci est dépassé, le débit maximum n’est plus garanti et celui-ci peut fortement baisser durant toute la période de dépassement des volumes de transfert autorisé (flux non prioritaires). Dès que ce volume repasse en dessous des limites autorisées, le débit peut à nouveau atteindre les niveaux maximum contractuellement prévus. Dans tous les cas il n’y a pas de coupure de service.
On notera l’arrivée sur le marché d’un produit Connexion Verte, reconnu par les organismes professionnels agricoles, qui offre la particularité d’être le produit le moins cher du marché avec les débits et les volumes de transfert les plus élevés du marché (19,90 € par mois pour 4,7 Go de données transférables et un débit de 3,6 Mb/s). A ces tarifs et sous réserve de l’obtention d’une subvention des départements pour l’investissement et/ou l’installation des paraboles, ou après la location de 4 ans du matériel, cette solution présente un rapport qualité prix comparable à celui proposé dans les très grandes villes... mais en pleine campagne, même en zone blanche. Néanmoins, compte tenu des limites de volume de transfert de données mensuelles, ces solutions ne sont pas adaptées aux inconditionnels des téléchargements de films, ni aux adeptes des jeux en ligne... En dehors de ces profils d’utilisateurs, les solutions Internet par satellite conviennent parfaitement à la majorité des utilisateurs ruraux, d’autant plus que la plupart de ces solutions apportent une offre triple play (Internet haut débit, télévision et téléphonie). Enfin pour les utilisateurs qui dépassent régulièrement les volumes de transfert, il leur est toujours possible de souscrire l’un des contrats leur proposant un transfert de volumes plus importants (jusqu’à 22 Go par mois), moyennant un tarif d’abonnement plus élevé… Les TIC en zone rurale resteront encore pour longtemps le parent pauvre de la stratégie d’investissement des grands opérateurs, à l’instar de l’adsl ou adsl étendu (512 kb/s maximum), les déconnexions intempestives et les faibles débits sont étroitement liés aux distances physiques des lignes par rapport aux répartiteurs et à la vétusté des matériels télécoms. L’évolution des solutions par satellite ou par ondes radio devraient apporter durablement un confort d’utilisation dont les usagers ruraux ont besoin.
>>> Petit rappel :
1 Go (Giga octets) = 1 000 Mo (Méga octets) = 1 000 000 Ko (kilo octets)
un mail représente quelques dizaines de kilo octets
Un document texte (type Word) représente quelques centaines de kilo octets
Un gros fichier de calcul (type Excel) ou un fichier de présentation (type PowerPoint) représente quelques Méga octets
Un film de 1 heure 30 représente environ 750 Méga octets
Le transfert de 1 giga octets dans le mois correspond donc au transfert d’un très gros film ou d’un petit millier de fichiers de calcul, d’une petite dizaine de milliers de fichiers texte et de plusieurs centaines de milliers de mail.